A 10500 km de Brooklyn
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15 H 30
Il dormait paisiblement. Enfin, depuis bien longtemps ses yeux n'avaient pas trouvé ce repos bien mérité. Depuis longtemps il n'avait pas senti ce sentiment de paix, de silence, de tranquillité. Ca lui avait manqué...terriblement manqué... La solitude, lui qui n'aimait que les foules et les cri ne...
"
Tom, nom de Dieu! Fous lui la paix pour une fois! "
"
Ah non, je lui ai fait la promesse de me venger quand ce cher monsieur m'as fait un croche pied en plein concert..Il le mérite, voila tout!"
murmura une voix masculine.
"
Putain Tom, t'es qu'un gros con! Moi qui voulait dormir se soir..."
s'exclama une voix féminine.
"
Hé attends un peu c'est toi qui lui a proposé de jouer aux cartes jusqu'à ce qu'il s'endorme l'autre nuit je te rappelle"
répliqua la voix appartenant à Tom."
Ouais mais je ne savais pas que la nuit durerait jusqu'à 5 heures du matin pour notre cher Bill...Et puis autre chose Tom : Ferme-la un peu ta gueule veux-tu?"
répondit la voix féminine.
Bill grogna et se retourna plusieurs fois dans son lit essayant de trouver une position plus confortable. Tom et les autres ne bougeaient plus. On aurait dit des statues, Tom tenant ainsi l'oreiller au dessus de la tête de Bill prêt à compter jusqu'à trois lorsque soudain la porte s'ouvrit bruyamment.
Bill se réveilla en sursauts et avant que Tom et les autres n'aient compris quoi que ce soit, le jeune homme vit le coussin au dessus de sa tête et poussa un cri de rage. "
Tom! Tom pauvre con, pourquoi nom de Dieu tu me laisse pas DORMIR".
"
Mais je jure Bill, je jure sur ta tête que..."
"
Mais Tom pourquoi, hein? Pourquoi Tom, tu m'as réveillé?"
Sa voix devint tout à coup plaintive. "
Tu peux pas vivre sans me pourrir la vie Tom? Vas-y, réponds-moi Tom!"
Tom, lui, il se tenait les côtes ne pouvant plus retenir son fou rire alors que les autres lui jetaient des regards meurtriers. "
Mais quoi, enfin! Vous avez bien vu que j'ai rien fait... C'est Gustave qui t'as réveillé Bill. "
finit -il par dire d'une seule traite pointant son doigt en direction d'un jeune homme d'une vingtaine d'années entrés quelques secondes plus tôt dans la piéce.
"
Je crois que je vais t'apprendre quelque chose que tu ne sait peut être pas"
dit le prénommé Gustave en direction de Tom. "
Peut être un détail mais enfin quoi qu'il en soit: c'est ma chambre ICI"
Il respira profondément ."
Tu vois ces murs, ces affiches, ce Lit" dit-il jetant un regard sur son lit où Bill était toujours couché. "
sont à MOI. Ma propriété. Mon univers. Alors vous feriez bien de sortir avant que mon ton gentil et poli ne se transforme en ..."
"
C'est bon, C'est bon...On y vas et tout de suite, n'est-ce-pas Bill?"
dit la seule fille présente regardant fixement Bill qui s'apprétait à retourner dans son profond sommeil.
Il se leva péniblement, se traina en chancelant jusqu'à la porte, l'ouvrit avec colère et adressa un doigt d'honneur à toute l'assistance avant de la claquer. Le groupe resté dans la chambre se regardait l'un l'autre sans savoir quoi penser ni comment réagir. Finalement, ils optèrent pour un jeu de scrable...Assis par terre, au milieu des vêtements jetés et des chaussettes puantes, les adolescents ne cessaient de rire, de se provoquer alors que de l'autre côté du mur un autre se regardait dans la glace et se disait qu'il fallait mieux qu'il parte...tout simplement... ☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆
Accoudé sur le lavabo, il avait du mal à respirer. Ses pensées tourbillonnaient à l'intérieur de son crane sans qu'il sache saisir la moindre pensée, la moindre note de bonheur ou de tristesse qui le plongeaient dans le néant. Seul. Personne. Le silence devenait de plus en plus pesant, lui qui aimait les cris et les foules,était là. Seul. Avec ses pensées. Des images défilaient à toute vitesse devant ses yeux injecté de sang ,pourtant jadis si beaux et profonds, sans qu'il puisse à aucun moment appuyer sur le bouton " STOP".
Puis Rien.
Rien.
Rien.
Les jambes tremblantes, Bill s'assit sur le carrelage et... Il avait l'impression que le temps n'était plus. Il n'existait pas le temps.Il était parti. Envolé. Comme toujours. Il senti quelque chose sur sa joue, quelque chose roulant lentement, doucement, délicatement.
Instinctivement, il passa sa main sur sa joue et arracha la larme avant qu'elle n'atteigne ses lèvres. Il l'observa cette petite chose transparente se mêlant avec son maquillage sombre. Il pleurait. Bill Kaulitz versait , vomissait sa lassitude. Triste affirmation, lui dit sa conscience ...
Puis quelque chose le tordît de douleur. C'était là. Sa gorge prenait feu. Il s'attendait à voir des flemmes mais rien... Il commença à paniquer tenant son cou filiforme avec ses mains blanchâtres à faire peur. Le film dans sa tête disparaissait peu à peu laissant que des bribes de souvenirs, des visages rieurs et des sourires . Que des sourires. Celui de Tom régnant sur tous les autres... Puis, il se calma sentant ses poumons fanés reprendre peu à peu vie. Ses mains étaient couvertes de sang dans leur bagarre avec la mort. Il remarqua les griffures sur son cou mais n'avait pas ou plus la force...de faire quoi que ce soit. Horrifié, il se coucha sur le sol froid ébloui par les rayons de soleil de l'aprés-midi qui se filtraient de la petite fenêtre. De la Chaleur. Et puis il se rendit compte de quelque chose qui l'effraya bien plus encore que tous ces sentiments se bousculant et s'éparpillant dans tout son être.
Il avait oublié de respirer...
☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆
Alexa ouvrit la lettre les mains tremblantes. Un an qu'elle n'avait pas eu de nouvelles d'Elle. Un an que ses cheveux noir lui manquaient et que sa vie était vide. Un an c'est long se dit-elle regardant l'écriture fine et italique de l'enveloppe. Elle respira profondément avant de se lancer à la lecture de ce qu'elle appellerait désormais " sa dernière lettre" .
Al,
Les formalités je m'en passerai tu me connait que trop bien pour cela. Cependant, je voulais te faire part de mes sentiments. Ecrire cette lettre, m'a pris du temps.Beaucoup de temps, au fait. Plus que je ne le pensais.Mais elle est là et il faut que tu sache certaines choses. Je ne t'ai jamais aimé Al, sache-le. Toi et tes rires ne me faisiez que pitié et me consoliez sur le fait que je n'étais pas aussi banale que toi. T'as toujours été là mais simplement parce que la jalousie te bouffait Al. Seulement pour ça. Tu voulais être Moi, mais Al tu ne me ressemblait sur aucun point. Tu étais juste Al... Ne m'en veux pas. Ne m'en veux pas d'être telle que je suis parce que sinon tu ne m'aimerais pas autant. Elle est bizarre la vie Al.
Ta meilleure amie
Alexa parcourut plusieurs fois la lettre de ses yeux émeraudes comme si elle n'y croyait pas...elle ne pouvait pas y croire... Soudain elle projeta contre le mur du salon la vase de fleurs posé sur la table à manger étant sous l'effet de la colère. "
La garce..."
murmura-t-elle.
" M
ais enfin Alexa t'es devenu folle? "
cria sa mère entrant précipitamment dans la cuisine."
Qu'est ce qui te prend?".
Alexa leva les yeux remplit de larmes en direction de sa mère. "
La GARCE"
hurla la jeune fille de toutes ses forces tombant aux bras de sa mère. Elle lui avait tout donné. Tout. Absolument tout. Et voila comment Elle le remerciait. Elle avait été là Al quand SES yeux avaient été noyé de larmes. Elle avait été là. Toujours. A ses côtés. Elle l'avait aimé. "
La garce..."
repeta-t-elle de nouveau. Elle ne pouvait dire que ça.
☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆
Assis avec sa guitare sur son lit, il essayait inutilement d'imprimer les notes sur ses doigts afin de donner vie à la partition. Il avait quelque chose. Mais quoi. Il le sentait, en était sur même.
Tom Kaulitz posa délicatement sa jolie guitare sur le coussin et sans faire intention commença à enrouler un de ses dreads blonds autour de ses longs doigts. Il fallait qu'il sache. Oui. Il fallait qu'il sache qu'est ce qui perturbait tellement son jumeau. Pourquoi était-il dans cet état lamentable, crachant sur tout ce qui bougeait, engeulant tous ceux qui s'aventuraient un peu trop prés de sa personne. Pourquoi, lui autrefois si proche de Tom était désormais si loin de lui, à peine reconnaissable. Des questions. Toujours les mêmes depuis 5 mois déjâ. Cinq longs et durs mois durant lesquels, Tom avait essayé de percer la carapace de l'être qu'il aimait le plus au monde. Et il se rendit compte, qu'il avait lamentablement échoué. Rien. Totalement rien n'avait changé dans le comportement du chanteur préférant s'enfermer toute la journée dans sa chambre, sortant que rarement pour grignoter quelque chose qui lui tombait sous la main. Un cadavre. Voila ce qu'était devenu Bill Kaulitz.
Il fallait que ce soit lui, Tom qui l'aide à relever la tête. Il fallait que Bill regarde de nouveau le monde tel qu'il le voyait il y avait pas si longtemps que ça. Un monde rose, où le bonheur régnait en même temps que les cris des milliers de jeunes filles les acclamant. EUX.
Il se souvient avec nostalgie de ces centaines de concerts fait à travers toute l'Europe, de ces moments d'hystérie pour une photo ou juste pour un sourire de sa part. Il se souvient de la musique aussi. Les crépitements d'étincelles dans son estomac avant d'entrer sur la scéne et de l'amour. Oui, de l'amour qu'il recevait.
Mais maintenant, il était assis là, incapable de donner vie à la moindre note, au moindre sentiment. Il se rendit compte que Bill, dans sa chute, l'avait emporté avec lui ne lui donnant même pas la possibilité de choisir. Il ferma les yeux doucement.
Pour la première fois en 18 ans, il regrettait d'avoir un jumeau...
☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆ ● ☆
Trois jours étaient passés depuis son altercation avec la jeune fille brune et il pleuvait toujours. Elle détestait la pluie. Ca lui rappelait la mort d'Edouard, un certain 14 novembre. L'amour de ma vie se dit-elle. La pluie. Synonyme de tristesse et de solitude. Sept ans de vie qu'elle ne vivait plus. Depuis ce 14 novembre, la vieille femme voyait le monde au ralenti, ne vivant qu'à travers le passé et les photos jaunies.
"
Madame s'il vous plait...Ca va faire 2 minutes que je vous tend la monnaie."
dit agacé la caissiére. "
Oh veuillez me pardonner...J'étais ailleurs!"
s'excusa la vielle femme.
Elle ramassa rapidement ses courses, s'excusant encore auprès de la caissiére et sortit du supermarché. La pluie. Elle détestait la pluie. Et le cimetière devait être fermé. Pourtant elle avait besoin de parler à quelqu'un. Elle avait besoin qu'on l'écoute, qu'on sèche ses larmes, qu'on panse son coeur. Meurtrie. Et ça, il y avait que son Edouardo qui savait le faire. Que lui.
Elle s'engouffra dans sa petite voiture et mit le chauffage. Démarra la voiture et prit le chemin de son appartement après avoir allumé la radio. Elle freina brusquement lorsqu'elle entendit la chanson qui passait. A song for You. Donny Hathaway. Sa chanson. Leur chanson. Le symbole de leur amour. Elle étouffa ses pleurs sous ses mains ridés...Elle revit ses mains lui serrant la taille, son odeur ancré dans son âme, la couleur de ses yeux. Elle entendit même ses mots, sa voix. Et sourit. Heureuse.
Arrivé devant son immeuble, elle descendit rapidement de la voiture et sans faire attention aux courses, monta péniblement les escaliers jusqu'au cinquième étage et ouvrit la porte. Chez elle. Chez eux.
La vielle femme n'embrassa pas comme d'habitude la photo de son mari posé à l'entrée. Non. Pas aujourd'hui. Elle savait désormais. Elle l'avait su dés que cette musique avait pénétré son être. Aprés s'être lavé les mains, elle se posa à son bureau, saisit un paquet de copies corrigés et griffonna rapidement quelques mots sur l'une des feuilles.
Elle avait besoin de comprimés. Beaucoup de comprimés. Ouvrit le tiroir de son petit bureau et aprés avoir fouillé quelque temps, les trouva. L'air excité, elle alla dans sa chambre à coucher et sans prendre la peine d'enlever ses chaussures, elle avala d'un coup tout les comprimés.
Elle se coucha lentement dans son lit, respirant plus profondement que jamais. Et la chanson n'arrétait pas. Elle était là. Toujours présente comme il l'avait été durant toute sa vie. Elle sentait les effets venir. Ses jambes s'engourdissaient peu à peu et elle peinait à respirer. L'heure approchait. Elle le sentait...Entendait le tic-tac de l'horloge...L'heure approchait et elle le voyait lui sourire. L'attendre. Comme jadis. Comme avant...et elle s'en alla avec la voix de son amour lui murmurant au creux de l'oreille...
I love you in a place, where there's no space or time
I love you for my life, you're a friend of mine
And when my life is over, remember we we're together
We we're alone and i was singing this to you.